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dc.contributor.advisorVan Coillie, Raymondfr
dc.contributor.authorPépin, Jean-Michelfr
dc.date.accessioned2015-07-21T20:06:11Z
dc.date.available2015-07-21T20:06:11Z
dc.date.created2006fr
dc.date.issued2006fr
dc.identifier.urihttp://hdl.handle.net/11143/7379
dc.description.abstractLes médicaments jouent un rôle prépondérant dans la hausse de la qualité et de l'espérance de vie des populations. Chaque année, des milliers de tonnes de produits pharmaceutiques sont utilisés en médecine humaine et vétérinaire pour traiter des symptômes, des maladies, des infections bactériennes, du stress ainsi que pour prévenir des grossesses et stimuler la croissance d'élevages agricoles et aquacoles. Des études ont mis en relief la présence de plus de 80 produits pharmaceutiques dans les eaux usées de plusieurs municipalités américaines et européennes. Plusieurs effluents municipaux présentaient des concentrations de produits pharmaceutiques variant du nanogramme (ng) au microgramme (qg) par litre. L'utilisation croissante et sans préoccupation des médicaments et la disposition inadéquate de ces derniers sont sans aucun doute à l'origine de leur présence dans des écosystèmes. La problématique environnementale concernant les médicaments est liée au fait qu'ils ont généralement été développés pour occasionner des effets biologiques. Ces effets, généralement bénéfiques pour l'humain, sont susceptibles d'avoir des impacts nocifs chez les organismes terrestres et aquatiques. Malgré les connaissances limitées à ce sujet, la prise en compte du principe de précaution est nécessaire afin de gérer adéquatement cette problématique récente. Le présent essai a pour objectif principal d'évaluer les impacts et les risques écotoxicologiques de certains médicaments dans l'environnement. Les substances évaluées appartiennent à des catégories de produits très utilisés, à savoir, les antibiotiques, les analgésiques et les hormones. Les composés choisis pour la présente évaluation sont l'ibuprofène (analgésique), les tétracyclines (antibiotiques) ainsi que l'oestradiol et l'éthinyl oestradiol (hormones oestrogènes synthétiques). Les impacts et les risques associés au rejet et à la présence de ces médicaments dans l'environnement ont été estimés en fonction d'une démarche d'évaluation écotoxicologique faite en six étapes, laquelle a explicité les éléments mentionnés ci-après. Après leur consommation ou leur application, les médicaments concernés sont en partie excrétés via les fèces et urines humaines et animales et sont rejetés dans l'environnement par de nombreuses sources ponctuelles et diffuses. Les principales sources de produits pharmaceutiques sont les effluents d'eaux usées municipales, l'excrétion directe au sol par les élevages agricoles, le lessivage et le ruissellement des terres agricoles fertilisées avec des déjections animales ainsi que la nutrition des élevages aquacoles. La disposition inadéquate des médicaments périmés constitue également une source de rejet non négligeable. Des centaines de tonnes de produits pharmaceutiques sont ainsi rejetés annuellement dans l'environnement. L'ibuprofène, les antibiotiques tétracyclines et les hormones oestradiol et éthinyl oestradiol sont présents dans l'environnement à des concentrations variant du nanogramme au microgramme par litre d'eau ou kilogramme de sol ou de sédiment. Le devenir et la persistance de ces substances dans les milieux aquatiques et terrestres sont intrinsèquement liés aux propriétés physico-chimiques des médicaments et aux conditions du milieu. Globalement, les produits concernés ont peu d'affinité avec les lipides et sont peu susceptibles de se bioconcentrer dans les organismes et de se bioaccumuler dans la chaîne alimentaire. Les résultats de bioessais réalisés en laboratoire ont montré que les médicaments concernés ont des toxicités létales et sublétales survenant à des concentrations de l'ordre du milligramme au nanogramme par litre d'eau ou kilogramme de sol chez divers organismes. En comparant les concentrations environnementales aux mesures de toxicités, l'étude a montré que les médicaments concernés causent des dangers écotoxiques sublétaux chez divers organismes aquatiques comme le gammare, l'escargot aquatique, la lentille mineure et plusieurs espèces de bactéries et de poissons (truite arc-en-ciel, mené tête-de-boule et poissons zèbre et médaka). Des effets ont été observés dans l'environnement chez quelques organismes exposés aux antibiotiques tétracyclines et aux hormones oestrogènes. Le développement d'une résistance aux tétracyclines a été observé chez plusieurs espèces de bactéries exposées à de l'eau et des sédiments contaminés par des effluents municipaux et des élevages en aquaculture. Une féminisation, une inhibition du développement des caractères sexuels mâles et des troubles de reproduction ont été observés chez des poissons et des moules exposés à des effluents municipaux contaminés en produits oestrogènes. L'estimation du risque écotoxicologique menée selon la méthode du quotient préconisée par la Loi canadienne sur la protection de l'environnement a montré que les concentrations environnementales actuelles connues de tétracyclines et des hormones oestrogènes synthétiques représentent un risque écotoxicologique pour l'environnement et les organismes. Sans être alarmiste, il serait donc prudent de mettre en place des mesures de prévention, de contrôle et de suivi des médicaments dans l'environnement. Les recommandations mentionnées ci-dessous devraient être considérées afin de prévenir, contrôler et suivre l'évolution des rejets de ces derniers. La sensibilisation du grand public afin de réduire les mauvais usages, la surconsommation et la disposition inadéquate des produits pharmaceutiques est prioritaire et devait être réalisée à court terme. Les instances gouvernementales devraient rapidement procéder à l'élaboration et à l'adoption d'une réglementation permettant l'évaluation écotoxicologique des médicaments utilisés au Canada et au Québec. À cette fin, un réseau national et provincial conjoint de mesures et de suivis des médicaments dans l'environnement devrait être mis en place. Un tel réseau permettrait d'améliorer les connaissances sur leurs impacts environnementaux et d'établir des seuils de toxicité et des critères de qualité permettant leur contrôle. À moyen et long termes et en fonction des ressources financières disponibles, il est important d'équiper les stations d'épuration des eaux municipales de systèmes de traitement adéquats. Un traitement secondaire utilisé en combinaison avec un traitement tertiaire par ozonation constitue un moyen performant pour éliminer des médicaments dans les eaux usées. L'instauration d'un tel système devrait prioritairement s'effectuer aux grandes municipalités disposant d'un système de traitement inadéquat comme c'est le cas pour la Ville de Montréal. Le compostage des boues municipales constitue également une alternative pour éliminer ou réduire les concentrations de médicaments biodégradables et permettre une valorisation agricole sécuritaire pour l'environnement.fr
dc.language.isofrefr
dc.publisherUniversité de Sherbrookefr
dc.rights© Jean-Michel Pépinfr
dc.subjectRisques écotoxicologiquesfr
dc.titleImpacts écotoxicologiques de certains médicaments dans l'environnementfr
dc.typeEssaifr
tme.degree.disciplineEnvironnement et développement durablefr
tme.degree.grantorCentre universitaire de formation en environnement et développement durable (CUFE)fr
tme.degree.levelMaîtrisefr
tme.degree.nameM. Env.fr


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