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dc.contributor.advisorAchim, Julie
dc.contributor.authorDefer, Sabinefr
dc.date.accessioned2019-01-22T18:51:30Z
dc.date.available2019-01-22T18:51:30Z
dc.date.created2019fr
dc.date.issued2019-01-22
dc.identifier.urihttp://hdl.handle.net/11143/14658
dc.description.abstractAu cours des dernières décennies, la grossesse à l’adolescence a suscité beaucoup d’intérêt chez les cliniciens et chercheurs. À ce jour, elle a surtout été étudiée du point de vue des risques qu’elle implique. Il se dégage de cette documentation scientifique le constat que les adolescentes qui deviennent enceintes et mènent à bien leur grossesse doivent être considérées comme une population vulnérable au regard de leur jeune âge, mais également de leur histoire personnelle. Chez plusieurs d’entre elles, cette histoire est marquée par des conditions de vie difficiles, des ruptures de liens et des traumas relationnels tels que la négligence ou l’abus physique ainsi que l’abus sexuel (Beaudry, Tarabulsy, Atkinson, Pearson, & St Pierre, 2017 ; Coren, Barlow, & Stewart-Brown, 2003 ; Madigan, Wade, Tarabulsy, Jenkins, & Shouldice, 2014). En raison de la multitude de facteurs de risque que présentent ces adolescentes, de nombreuses études ont porté sur divers aspects de leur expérience de la maternité s’intéressant à la qualité du lien d’attachement mère-enfant et la transmission intergénérationnelle de difficultés à cet égard (Demers, Bernier, Tarabulsy, & Provost, 2010 ; Hans & Thullens, 2009 ; Parent, Drapeau, Bousseau, & Pouliot, 2008) ainsi qu’à la sensibilité maternelle et son impact sur la relation mère-enfant (Pearson, Plamondon, Beaudry, & Tarabulsy, 2011). Ces études ont permis de constater que ces thématiques représentent des enjeux cruciaux pour cette population. La capacité de mentalisation (CM) ou fonction réflexive (FR) se développe au cours de la petite enfance à travers la relation qui se construit entre l’enfant et sa principale figure d’attachement. Elle réfère à la capacité à se représenter ses propres états mentaux et ceux des autres, ce qui permet de concevoir que chacun a des besoins et des émotions qui lui sont propres et motivent ses comportements (Fonagy, Steele, Steele, Moran, & Higgitt, 1991). De récents travaux ont montré que la CM contribue de manière déterminante à l’adaptation à différentes transitions de vie telles que l’adolescence et la parentalité (Duval, Ensink, Normandin, Sharp, & Fonagy, 2018; Ha, Sharp, Ensink, Fonagy, & Cirino, 2013 ; Sharp, Penner, & Ensink, sous presse), en particulier lorsqu’elles se déroulent dans un contexte marqué par la présence de traumas (Duval, Ensink, Normandin, & Fonagy, sous presse). Par la suite, la capacité de mentalisation parentale (CMP) ou fonction réflexive parentale (FRP) est stimulée au cours de la grossesse (Markin, 2013) et réfère à la capacité du parent à tenir compte des états mentaux de son enfant, c’est-à-dire la capacité à être sensible à son enfant et à décoder les besoins, les émotions qui sous-tendent ses comportements. La CMP est également un important facteur de protection de la relation parent-enfant et de la transmission intergénérationnelle de difficultés d’attachement (Ensink, Berthelot, Bernazzani, Normandin, & Fonagy, 2014 ; Slade, Grienenberger, Bernbach, Levy, & Locker, 2005). Elle est donc capitale pour les jeunes femmes devenant mères et ayant connu des expériences précoces d’adversité (Ensink, Normandin, Target, Fonagy, Sabourin, & Berthelot, 2015). Bien que la pertinence de s’intéresser à cette dimension chez les mères adolescentes apparaisse évidente étant donné leurs histoires de vie souvent difficiles et la confrontation simultanée à des transitions développementales majeures (adolescence et maternité), aucune étude n’a porté sur la CMP des mères adolescentes jusqu’à ce jour. De plus, la maternité étant fréquemment investie par les adolescentes comme une possibilité de vie meilleure (Ajoulat, Libion, Berrewaerts, & Noirhomme-Renaud, 2010 ; Montgomery, 2002), il s’avère pertinent de s’intéresser à leur expérience affective de la parentalité et à leur détresse parentale afin de comprendre le contexte dans lequel se déploie leur FRP. C’est précisément ce à quoi s’intéresse cette thèse de doctorat qui a comme objectif d’évaluer et décrire la FRP de mères adolescentes, leur expérience affective parentale (EAP) ainsi que l’intensité de la détresse qu’elles peuvent éprouver au regard du stress parental auquel elles sont soumises. Cinq jeunes femmes primipares, recrutées dans le service public, âgées de 18 à 22 ans, mères d’un jeune enfant ont participé à deux entrevues semi-structurées (Parental Development Interview Revised ou PDI-R ; Slade, Aber, Berger, Bresgi, & Kaplan, 2002) ; (Histoire de la grossesse ; Defer & Achim, 2012) et complété un questionnaire mesurant la détresse parentale (Indice de Stress parental ou ISP ; Abidin, 1995). Les résultats obtenus montrent que l’ensemble des participantes présente une FRP plus faible que celle attendue au sein de la population générale, une EAP particulièrement positive, éprouve moins de détresse en lien avec leur rôle parental qu’attendu et rapporte avoir connu plusieurs ruptures relationnelles significatives en période périnatale. Ces résultats témoignent d’une fragilité au plan de la FRP, d’une EAP plus positive qu’attendue et d’une perception de l’expérience affective de l’enfant (EAE) très positive ainsi que d’une détresse parentale rapportée non cliniquement significative. Différentes hypothèses sont proposées afin d’expliquer ces résultats qui ne vont pas dans le sens attendu. Ainsi, l’exposition à des événements de vie difficiles, la présence de multiples ruptures relationnelles durant la période périnatale pourraient participer à expliquer une fragile FRP qui favoriserait une certaine idéalisation de la relation expliquant alors une EAE et une EAP très positives ainsi qu’une faible détresse parentale. Il est donc important de sensibiliser les professionnels travaillant auprès des mères adolescentes à la pertinence d’explorer leur CMP et d’en soutenir le développement. Des interventions axées sur la mentalisation apparaissent pertinentes afin de permettre aux mères adolescentes de penser leur bébé et leur relation à lui, penser leur histoire de vie et ainsi, contribuer à éviter de la répéter avec leur enfant.fr
dc.language.isofrefr
dc.publisherUniversité de Sherbrookefr
dc.rights© Sabine Deferfr
dc.subjectGrossesse adolescentefr
dc.subjectFonction réflexive parentalefr
dc.subjectCapacité de mentalisation parentalefr
dc.subjectDétresse parentalefr
dc.subjectTraumasfr
dc.titleCapacité de mentalisation parentale, expérience de la maternité et détresse parentale chez les mères adolescentes : une étude descriptive et exploratoirefr
dc.typeThèsefr
tme.degree.disciplinePsychologiefr
tme.degree.grantorFaculté des lettres et sciences humainesfr
tme.degree.levelDoctoratfr
tme.degree.nameD. Ps.fr


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