Mécanisme d'action de l'angiotensine II sur les cellules glomérulées surrénaliennes bovines; implication de la phospholipase C : hypothèse du peptide complémentaire

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Publication date
1989Author(s)
Boulay, Guylain
Abstract
La première partie de ce mémoire porte sur l'action stéroïdogénique de l'angiotensine II (AII). L'AII est un régulateur important de la sécrétion d'aldostérone par les cellules de la zone glomérulée du cortex surrénalien. Bien qu'il ait été suggéré que l'AII agisse via le métabolisme des lipides de l'inositol (cycle du PI), ces études se sont particulièrement concentrées sur les cinétiques d'apparition et sur l'identité des inositolphosphates. Le but de la présente étude est de vérifier la relation entre le métabolisme des lipides de l'inositol et la stéroïdogénèse. Une culture primaire de cellules de la zone glomérulée du cortex surrénalien de boeuf a été utilisée. Des courbes dose-réponse pour l'occupation du récepteur, la production d'inositolphosphates et la sécrétion d'aldostérone ont été faites dans les mêmes conditions expérimentales. La liaison du 125I-AII aux cellules de la zone glomérulée fut inhibée avec des doses croissantes d'AII. Les analyses de Scatchard ont montré un Kd de 1.3 ± 0.3 nM et une liaison maximale de 49000 ± 4500 récepteurs/ cellules (n=3). Les courbes dose-réponse pour la production d'inositol trisphosphate et d'inositol bisphosphate sont superposables. La dose-seuil est autour de 0.03 nM et l'effet maximal est obtenu avec 10 nM d'AII (EC50 = 0.5 ± 0.11 nM, n=5). La sécrétion d'aldostérone induite par l'AII s'est produite entre 0.8 nM (dose-seuil) et 3 nM (dose maximale) (EC50 = 0.42 ± 0.22 nM, n=5). Ces résultats suggèrent que la phospholipase C est impliquée dans l'action stéroïdogénique de l'AII. La deuxième partie de ce mémoire porte sur l'hypothèse du peptide complémentaire. Au cours des dernières années, une hypothèse fut développée selon laquelle des protéines qui interagissent spécifiquement (par exemple, une hormone peptidique et son récepteur) pourraient être codées par des acides nucléiques de séquences complémentaires. Ainsi un brin de ADN coderait pour l'hormone et son brin complémentaire coderait pour le récepteur. Afin de vérifier cette hypothèse avec l'AII, nous avons synthétisé l'octapeptide complémentaire, nommé IIA; Lys-Gly-Val-Asp-Val-Tyr-Ala-Val-COOH (dont la séquence est codée par le ADNc de l'angiotensinogène de rat). Dans notre culture primaire de cellules de la zone glomérulées, l'AII augmente la sécrétion d'une valeur basale de 40 pg/ 500000 cellules à une valeur maximale de 200 pg/ 500000 cellules avec une affinité d'environ 1 nM. L'effet stéroïdogénique de l'AII n'a pas été inhibé par des concentrations de peptide complémentaire IIA aussi fortes que 10 µM. De même, le peptide IIA n'a démontré aucun effet inhibiteur sur la liaison du 125I-AII à des membranes de cortex surrénalien. Ces résultats démontrent que le peptide IIA n'interagit pas avec l'AII. Nous concluons que l'hypothèse des peptides complémentaires n'est pas applicable dans le cas de l'AII.